Quelle joie, quelle fougue, quelle énergie que ce théâtre en acte, que cette troupe flamande débridée du tg STAN avec leur scénographie inventive et déconcertante qui rend hommage aux soubresauts de cet art tout en montrant ses ficelles. Comme ce petit pupitre sur le plateau devant lequel chaque comédien vient s’asseoir, à tour de rôle et jouer les souffleurs. Une façon désinvolte et décomplexée de désamorcer les trous de mémoire qui surviennent de façon si peu discrète qu’ils pourraient bien être écrits dans la mise en scène, de même que ces quelques trébuchements lorsque les comédien(ne)s montent sur leur estrade. Tout est bouleversé, inversé, de bric et de broc et pourtant n’en demeure pas moins fluide et éblouissant. L’épais rideau glisse derrière les coulisses ouvertes aux changements de tableaux. Les costumes dépareillés, ébauchés, pas tout à fait enfilés donne une dimension fébrile et débridée aux interprétations et accentue le caractère comique des personnages. L’écriture de Molière, à travers quelques-unes de ses pièces les plus emblématiques, éclate et résonne sur ces planches brutes comme si elle était jouée pour la première fois, et que son auteur, assis là dans les gradins, assistait à son propre filage.
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| © John Lavoignat. |
