dimanche 6 septembre 2015

Le dormeur du rivage

C'est un lit de sable où crépite une mer,
Une langue de grains que les vagues exhument,
Scrutant les paillettes d'or, tout près d'Homère.
C'est un long rivage qui filtre l'écume.

Un jeune migrant, yeux clos, paumes ouvertes,
L'oreille droite rivée au pouls de la terre,
Dort ; sur son petit corps ancré et inerte,
Se répand une bruine volant dans les airs.

Creusant son empreinte, il rêve de l'ouest.
Il a ses bras nus égarés dans sa sieste :
Méditerranée, apaise-le, il a peur.

Le sel marin ne fait point grimacer ses traits.
Il dort, paisible, dans le sablonneux minerai,
Et les plis de son lit s'ouvrent à nos pleurs.

2 commentaires:

  1. Merci pour lui. Ton poème est magnifique; il ravive une peine immense.

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